Elle a mit ou mis ? La technique avec le participe passé qui change tout

30 juin 2026

Femme étudiant la grammaire française avec des livres de conjugaison ouverts sur un bureau en bois, illustrant l'accord du participe passé

La forme correcte est elle a mis, avec un -s. La confusion avec « mit » vient d’un mélange entre deux temps du passé qui n’ont ni la même construction, ni le même usage. Identifier l’auxiliaire qui précède le verbe suffit à trancher dans la quasi-totalité des cas.

Pourquoi « mit » n’a rien à faire après l’auxiliaire avoir

La terminaison -it appartient au passé simple du verbe mettre : « elle mit », « il mit ». Ce temps se conjugue sans auxiliaire. Le sujet est directement suivi du verbe fléchi.

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Le passé composé, lui, fonctionne toujours avec un auxiliaire (avoir ou être) suivi du participe passé. Pour le verbe mettre, ce participe passé est « mis », terminé par un -s. La structure « elle a mis » associe donc l’auxiliaire avoir conjugué au présent et le participe passé « mis ».

La confusion naît parce que « mis » et « mit » se prononcent de façon quasi identique à l’oral. À l’écrit, le test est simple : si un auxiliaire (a, avait, aura, aurait) précède le verbe, la seule forme possible est « mis ».

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Retrouver la dernière lettre du participe passé de mettre

Une technique fiable consiste à mettre le participe passé au féminin. En ajoutant un -e, on obtient « mise », où le -s s’entend clairement. Le mot « mite » existe, mais il désigne un insecte, sans rapport avec le verbe mettre.

Ce test fonctionne pour la plupart des participes passés dont la consonne finale est muette :

  • « pris » devient « prise » (on entend le -s, donc pris s’écrit avec un -s)
  • « écrit » devient « écrite » (on entend le -t, donc écrit s’écrit avec un -t)
  • « ouvert » devient « ouverte » (on entend le -t, donc ouvert s’écrit avec un -t)

Appliquer cette méthode élimine le doute en quelques secondes, y compris pour des verbes comme « permettre » (permis/permise) ou « admettre » (admis/admise).

Enseignant écrivant au tableau blanc les formes correcte et incorrecte du participe passé mis et mit dans une salle de classe de français

Accord du participe passé « mis » avec l’auxiliaire avoir

Savoir que la forme correcte est « mis » ne règle qu’une partie du problème. Reste la question de l’accord, source d’erreurs fréquentes.

Règle de base avec avoir

Le participe passé conjugué avec avoir ne s’accorde jamais avec le sujet. « Elle a mis », « ils ont mis », « nous avons mis » : le participe reste identique. Contrairement à l’auxiliaire être, le sujet n’a aucune influence sur la terminaison.

Le complément d’objet direct placé avant le verbe

L’accord se déclenche uniquement quand un complément d’objet direct (COD) est placé avant le verbe. Le participe s’accorde alors en genre et en nombre avec ce COD.

  • « La robe qu’elle a mise dans la valise » : le COD « la robe » (féminin singulier) précède le verbe, donc « mise »
  • « Les chaussures qu’il a mises sur l’étagère » : le COD « les chaussures » (féminin pluriel) précède le verbe, donc « mises »
  • « Elle a mis ses lunettes » : le COD « ses lunettes » est placé après le verbe, donc pas d’accord, « mis » reste invariable

La position du COD est le seul critère. Quand le COD suit le verbe ou quand il n’y a pas de COD, le participe reste « mis ».

Participe passé de mettre suivi d’un infinitif

Le cas du participe passé suivi d’un infinitif complique la donne. Dans une phrase comme « les efforts qu’elle a mis à comprendre », le participe reste invariable parce que le COD (« les efforts ») ne fait pas l’action exprimée par l’infinitif.

La réforme de l’accord du participe passé, documentée notamment par l’Usito, autorise plus largement l’invariabilité du participe passé avec avoir dans ces constructions. La forme « mis » sans accord reste donc la plus sûre quand un infinitif suit immédiatement.

Passé simple ou passé composé : choisir le bon temps

Identifier le temps employé tranche la question de la terminaison. Voici la distinction opérationnelle.

Le passé composé (« elle a mis ») s’utilise à l’oral et dans la plupart des textes courants. Il exprime une action achevée ayant un lien avec le présent ou le contexte du locuteur.

Le passé simple (« elle mit ») appartient à l’écrit littéraire ou narratif. Il exprime une action ponctuelle dans un récit au passé, souvent accompagné d’autres verbes au passé simple : « elle mit ses lunettes, puis commença sa lecture ».

Dans un courriel, un message, un devoir scolaire rédigé au présent ou au passé composé, la forme « elle a mis » est la seule appropriée. La forme « elle mit » sans auxiliaire n’apparaît que dans un contexte narratif soutenu.

Jeune femme étudiant le participe passé en français sur son ordinateur portable entourée de notes de grammaire dans sa chambre

Orthographe de « mis » dans les verbes pronominaux

Avec le verbe pronominal « se mettre », l’auxiliaire change : on utilise être. « Elle s’est mise à courir » prend un accord au féminin parce que le pronom « s' » fonctionne comme COD et renvoie au sujet « elle ».

En revanche, dans « elle s’est mis en tête de partir », le pronom « s' » a une fonction de complément d’objet indirect (à elle-même). Le participe reste donc invariable : « mis » sans accord quand le pronom est COI.

La distinction repose sur la fonction grammaticale du pronom réfléchi. Si « se » répond à la question « qui ? » ou « quoi ? » (COD), le participe s’accorde. S’il répond à « à qui ? » (COI), pas d’accord.

L’orthographe du participe passé de mettre se résume à trois vérifications : la présence d’un auxiliaire pour choisir entre -s et -t, la position du COD pour décider de l’accord avec avoir, et la fonction du pronom réfléchi pour les formes pronominales. Ces trois points couvrent la totalité des cas rencontrés à l’écrit.

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